Mobilités

Élections régionales20 et 27 juin 2021

Les émissions régionales de gaz à effet de serre en Nouvelle-Aquitaine (GES) (49,5 Mt CO2eq/an) représentent environ 10 % des émissions nationales. Par habitant, elles s’élèvent à 8,3 t CO2eq/an ce qui est supérieur à la moyenne nationale française (6,8 t CO2eq/habitant/an). Les transports de marchandise et les déplacements de personnes représentent 39 % de ces émissions.

Le mouvement des gilets jaunes a reposé avec justesse la question de nos déplacements quotidiens, dans la région Nouvelle-Aquitaine encore plus qu’ailleurs : l’urgence écologique est indiscutable, mais elle ne doit pas servir à taxer les déplacements contraints pour lesquels il n’existe aucune alternative.

Fin du monde fin du mois, même combat. Les navettes intérieures aériennes ne sont utilisées que par une infime minorité, mais le déplacement de cette minorité contribue beaucoup plus à l’effet de serre que les autres transports collectifs. L’avion propre n’arrivera pas avant 2035 et il sera trop tard pour le climat ! Il y a urgence à relocaliser les échanges matériels : de la production à la transformation et à la consommation des biens (cf. agriculture et industrie). Il y a urgence à développer les transports collectifs accessibles au plus grand nombre (en visant la gratuité) et adaptés aux exigences de déplacement des néoaquitains.

1. Gratuité des transports collectifs

La gratuité est un choix de société fondamental à l’heure où le changement climatique s’emballe d’une part, et où les inégalités sociales ne cessent de croitre d’autre part. C’est une mesure anticapitaliste qui oblige à changer notre façon de penser. Elle garantit le droit au déplacement pour toutes et tous. Elle stimule l’investissement public dans l’amélioration de la qualité du réseau (fréquence, qualité de service) et elle permet de mettre à contribution les entreprises. Elle est un levier économique, écologique, et social vertueux. Elle est la seule mesure efficace pour baisser de façon radicale la contribution des transports aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et préserver un bien commun planétaire : le climat.

La réduction des externalités des voitures, la diminution de la pollution atmosphérique et sonore, celle du nombre accidents, les économies en termes de santé, la réduction des inégalités sociales, sont autant d’effets bénéfiques – financiers et humains – liés à la gratuité.

🔴 Nous voulons la gratuité des transports collectifs régionaux en commençant tout de suite par tous les jeunes de moins de 25 ans (scolaires, apprentis, étudiants…), les salariés, les précaires et les personnes en situation de handicap.

2. Développer l’intermodalité des transports et irriguer tout le territoire

Chaque habitant doit se trouver à moins de 10 km (en zone rurale) ou de 5 km en zone urbaine ou péri-urbaine) d’un arrêt de bus ou d’une gare. Pour tenir compte des spécificités de chaque territoire, la région utilisera toutes les possibilités existantes : TER sur les gros axes, car interurbain, transport à la demande, tout en donnant la priorité au ferroviaire. Actuellement, le train représente 1 % des émissions pour transporter 10 % des passagers. Or le trafic ferroviaire doit croître de 20 % d’ici à 2030 selon la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Il faut donc obliger l’État à réinvestir dans le service public unifié SNCF et, de toute urgence, rouvrir au niveau régional les lignes qui font cruellement défaut (St Mariens-Blaye, Pau-Canfranc, Angoulême-Limoges…) et remettre en service les intercités comme Bordeaux-Lyon et Bordeaux-Nantes. Il faut développer des tram-trains qui coûtent bien moins cher qu’une remise en service de ligne ferroviaire. Une intermodalité efficace permet de changer de moyen de transport avec des horaires de correspondance assurés. A chaque pôle de correspondance, chaque mode de transport en commun doit être organisé à des horaires précis pour permettre de passer de l’un à l’autre. Il s’agit aussi d’intégrer les modes actifs (vélo, trottinette) avec la possibilité de les transporter dans les trains et bus (pour résoudre le problème du dernier km).

Cadencement et augmentation des dessertes constituent l’assurance d’une adéquation aux besoins, et donc d’une nouvelle appétence pour l’intermodalité. Il faut pour cela investir dans l’entretien des voies et la modernisation du matériel roulant.

🔴 Nous voulons rouvrir les petites lignes de TER, les petites gares. Pour cela nous allons créer des gares intermodales, bus, train, covoiturage, vélo, avec des parkings gratuits incitant à renoncer à la voiture individuelle et un accès pour les personnes à mobilité réduite. Nous refusons la mise en concurrence de la SNCF et voulons un service public unifié de qualité, qui crée les emplois permettant de réhumaniser les gares, les trains et d’assurer la sécurité.

3. En finir avec la métropolisation et la LGV

La métropolisation a provoqué une désorganisation du territoire. Ajoutée à la création des grandes régions – une politique soutenue par la droite et par Alain Rousset – elle a abouti à une désertification de nos campagnes et à un surinvestissement pour des moyens de transports polluants ou dispendieux. Pour le train nous voulons investir dans un service de proximité. La ligne TGV Tours-Bordeaux a coûté 9 milliards d’euros dont 4 milliards d’argent public pour réaliser les 340 km de la ligne, soit 26 millions d’euros par kilomètre ou encore 130 millions d’euros par minute gagnée sur un trajet Paris-Bordeaux ! Dans le même temps, des salariés sont contraints à utiliser leur voiture et passent des heures dans les bouchons parfois, parce qu’il n’y a pas de transport collectif sur leur trajet. Pour l’aviation, nous défendrons la proposition de la Convention citoyenne pour le climat de supprimer toutes les navettes aériennes pour lesquelles il existe une alternative en train de moins de 4 heures.

🔴 Nous nous opposerons à la création de nouvelle ligne LGV, à commencer par le GPSO (Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest).Nous réorienterons les budgets vers un service public de proximité et nous remettrons en service les trains de nuit (Palombe bleue) afin de réduire les lignes aériennes internes.

4. Un plan d’urgence pour le fret

Pour une réorganisation complète du transport de marchandise, nous valoriserons les plateformes multimodales existantes qui sont sous-exploitées. Nous relancerons l’audit sur le ferroutage car un train complet de 35 wagons transporte l’équivalent de 55 camions. Nous développerons le transport combiné avec des containers, et organiserons les livraisons départementales les moins polluantes possibles, le vélo-cargo pour le transport des derniers kilomètres. Il faut aussi répondre aux besoins des entreprises en matière de wagon isolé pour faire des trains longs de fret. Mais nous nous opposons au développement des autoroutes ferroviaires beaucoup moins économes, non-sens écologiques et nécessitant des infrastructures supplémentaires alors que nous disposons de celles permettant le transport combiné.

Notre région dispose de 720 km de côtes avec plusieurs ports (La Rochelle, Rochefort, Le Verdon, Bassens, Bayonne…) et elle dispose aussi de fleuves et de canaux. Nous voulons développer le fret fluvial utilisant des péniches dernière génération (comme les péniches à hydrogène vert) beaucoup moins polluantes, le transport maritime de La Rochelle à Bilbao, le transport par péniche sur la Garonne, le canal latéral.            

🔴 Nous mettrons en place et améliorerons toutes les infrastructures qui permettrons de diminuer radicalement le recours aux poids lourds : plateformes multimodales de fret, transport fluvial et maritime, transports spécifiques des derniers kilomètres.

5. Pour un transport routier apaisé

Il faut diminuer notre empreinte carbone. Il faut donc un réseau de routes secondaires entretenu, des aménagements de sécurité dans certains endroits, mais il faut cesser d’artificialiser des sols et de construire des contournements ou des autoroutes qui fonctionnent comme des aspirateurs à camions ! Par ailleurs la réduction de vitesse permet de diminuer nos émissions de GES. C’est dans ce sens qu’il faut agir, notamment sur les autoroutes. Mais nous n’avons pas besoin d’autoroutes supplémentaires et encore moins d’autoroutes concédées.

🔴 Nous refusons la privatisation des routes nationales, celle du tronçon de l’A63 et nous refusons le projet d’autoroute concédée Poitiers-Limoges (A147). Il faut aménager la voie existante en cherchant le plus possible à éviter de nouvelles artificialisations. Nous ferons voter un moratoire sur la privatisation des autoroutes de Nouvelle Aquitaine.

6. Utiliser les énergies renouvelables dans les transports

Il faut développer la recherche sur les énergies renouvelables en matière de transport. Selon la SNBC, la part des véhicules à faibles émissions doit atteindre 15 % du parc national d’ici 2030. Il faut donc accélérer la transition des énergies fossiles vers des énergies vertes, bio éthanol, biogaz, hydrogène… dans le monde du transport que ce soit le transport scolaire ou le transport de marchandises. Ces énergies ne sont vertes que si elles ne se font pas aux dépends des cultures alimentaires ou des forêts. Il faut aussi développer l’auto-partage et le transport à la demande en ville par des véhicules moins polluants (GPL). Il faut aussi développer la recherche autour de l’hydrogène à condition de créer une filière authentiquement écologique, qui n’utilise pas par exemple de l’électricité nucléaire ou des combustibles fossiles pour fabriquer de l’hydrogène. D’autres pistes existent qu’il faut exploiter. Mais ces choix ne peuvent être abandonnés aux mains du privé dont la logique est de faire du profit, pas de sauver la planète.

🔴 Le développement des énergies renouvelables doit servir à remplacer les énergies fossiles et non pas à faire du greenwashing. Il doit se faire dans le cadre du service public. La politique des transports doit privilégier avant toute chose la sobriété.

7. Vélo et voies vertes

Le développement de l’usage des vélos doit être accompagné et repensé pour un usage professionnel également (velotaf), afin que la pratique du vélo participe de l’intermodalité. Il nécessite d’employer des revêtements de route lisses et durables, d’aménager des « voies vertes » en enrobé plutôt qu’en stabilisé, de généraliser la priorité donnée aux piétons et aux cyclistes, de sécuriser ces voies vertes, et de les raccorder aux gares et aux stations de transports collectifs (charte AF3V). Nous allons renforcer l’intermodalité et fluidifier les déplacements, faciliter la cohabitation entre les usages, assurer l’entretien régulier et la maintenance hivernale des voies vertes.