Durabilité de l’emploi

Élections régionales20 et 27 juin 2021

Dans notre région, de nombreux plans de licenciements sont programmés : Verallia et la Coop Atlantique en Charentes, Mecafi, les Fonderies du Poitou et Autiliv dans la Vienne, BorgWarner en Corrèze, Hafner et Lisi-Creuset en Lot & Garonne, Thalès,  Getrag Ford Magna, la Papèterie de Bègles et l’aéroport de Mérignac en Gironde, Sintertech et MAP SA dans les Pyrénées atlantiques, Boiron dans toute la région, sans compter tous ceux qui ont lieu sans aucune médiatisation dans la culture les commerces, la restauration notamment…

Les causes sont à chercher du côté des fonds vautour comme Appolo qui possède Verallia et ferme un four à verre alors que l’entreprise a un avenir assuré avec le vignoble cognaçais.

Ou encore dans la pratique de groupes comme Liberty, propriétaire des Fonderies du Poitou, qui chassent les primes et subventions et ne tiennent aucune promesse d’investissement, pendant que des instruments publics comme BPI France, des collectivités territoriales qui ont accordés des terrains, des infrastructures, des subventions… laissent faire.

Les responsables politiques se soumettent à ces grands groupes alors qu’ils devraient au contraire s’appuyer sur la résistance des salarié.e.s, quand ils-elles en ont la force, quand ils-elles ne sont pas trop isolé.e.s.

L’engagement de la liste “On est là !” C’est d’être à leurs côtés.

Nous exigeons : aucune subvention aux entreprises sans contrepartie écologique, sociale et de maintien de l’emploi durable, ni à celles dont les pratiques managériales sont d’un autre âge (UPSA dans le 47).

1. Soutenir l’emploi plutôt que les entreprises

La Région doit refuser la logique financière qui préside à de nombreuses fermetures d’entreprises et s’engager aux côtés des salarié.e.s.

D’une façon générale, pour nous, le partage du temps de travail est le premier outil de résorption du chômage : 32h hebdomadaires et retraite à 60 ans pour tous. Plus de temps libre, moins de pression au travail, moins d’aliénation.

La Région ne doit pas verser des subventions aux entreprises en dehors de contrats clairs et transparents, imposant le remboursement si les emplois disparaissent (usine Ford et tant d’autres), ou si l’entreprise pollue.

🔴 Nous mettrons à l’étude un dispositif financier qui substitue des prêts aux subventions. Ces prêts deviennent immédiatement remboursables si les engagements pris en terme d’emplois et d’environnement ne sont pas respectés.

🔴 Les salariés et leurs représentants syndicaux doivent systématiquement être partie prenante des plans d’aide aux entreprises concernées.

🔴 Les terrains souvent offerts par les collectivités pour attirer les entreprises et donc l’emploi doivent être restitués, dans l’état initial (pas de pollution), en cas de fermeture et de départ.

La Région doit se mobiliser pour assurer les reconversions d’entreprises vers des activités utiles à la collectivité et écologiquement durables.

🔴 Nous proposerons un dispositif logistique d’aide aux salariés victimes d’un plan social, pour construire des alternatives de production en les réorientant vers des biens et services non-délocalisables. La Région a la compétence pour mettre en œuvre des dispositifs de formation massifs permettant la reconversion des salariés menacés vers de nouveaux métiers. Elle peut aussi mettre à disposition des salariés des compétences scientifiques, techniques, et financières pour imaginer cette reconversion. La Région doit favoriser la reprise d’entreprise par les salariés après étude de leur projet.            

🔴 Nous orienterons le SRDEII (Schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation) vers un soutien massif à l’Économie Sociale et Solidaire, et vers le développement des projets de Sociétés Coopératives et Participatives (SCOP/SCIC).

2. Lutter contre les pollutions industrielles

La pollution industrielle de certains sites (Lacq, Bassens, La Rochelle…) est inadmissible. En juillet 2018, une étude a montré que les rejets toxiques de bromopropane autour de l’usine Sanofi de Mourenx étaient 190.000 fois supérieurs à la limite autorisée ; l’année suivante des analyses ont révélé la présence de Dépakine – le médicament fabriqué sur ce site – dans le sang des salariés. L’usine d’incinération Sobegi du même site n’a pas respecté les normes en terme de poussières rejetées pendant plusieurs années. Une autre entreprise, Arkema a envoyé ses effluents gazeux directement à la torche alors qu’elle aurait du les faire traiter pendant plus de 18 ans.

Dans l’air du port de La Rochelle on détecte : des particules PM10, liées à l’activité de chargement/déchargement et au trafic routier ou maritime et de nombreux polluants liés au déchargement des carburants. Enfin à Fumel, les métallos se sont battu pendant des années pour faire reconnaître leur exposition à l’amiante.

Sur la Région, 842 anciens sites industriels (sur les 40 000 répertoriés) ont été identifiés comme pollués (BASOL).

🔴 La Région doit s’engager auprès des salariés et des habitants qui luttent contre ces pollutions récurrentes. Elle doit soutenir l’action des services de l’État pour exiger la dépollution totale des friches industrielles par le pollueur. 

🔴 La Région doit veiller au maillage en installations de stockage des déchets (inertes ou non dangereux) sur tout le territoire pour limiter les transports.

En 2019, on a dénombré 38,9 accidents du travail pour 1 000 salariés en Nouvelle-Aquitaine alors que la moyenne nationale est de 33,5 .

🔴 Nous élaborerons avec la CARSAT un plan spécifique pour la prévention des accidents du travail.

3. Investir dans la bifurcation écologique

Investir dans la transition écologique, c’est permettre des créations d’emploi pérennes tout en sauvegardant les écosystèmes de la région.

🔴 Nous investirons dans un plan massif d’isolation des logements ce qui créera des emplois non délocalisables et réduira les émissions de la Région (voir thème bifurcation énergétique).

🔴 En soutenant massivement l’agriculture bio, nous aiderons à la création d’emplois non délocalisables, mais aussi au stockage du carbone dans les sols, à la préservation de nos ressources en eau et à l’amélioration de la qualité de l’air (voir texte agriculture).

🔴 Nous proposerons une nouvelle organisation alimentaire à l’échelle des territoires, en s’appuyant sur les PAT et les expérimentations existantes, pour inclure l’ensemble des acteurs.

🔴 Nous soutiendrons le développement et le maillage de coopératives de consommation (ou de droit alimentaire) pour assurer le droit à une alimentation de qualité, y compris pour les revenus les plus modestes.

4. Défendre les services publics

Nous créerons des emplois publics pérennes dans les domaines essentiels que sont la culture, le lien social. La crise sanitaire a montré un manque évident de personnel dans les établissements scolaires notamment.

🔴 Nous nous opposerons à la logique de fermeture des services publics qui appauvrissent nos territoires depuis des décennies, crée un sentiment d’insécurité grandissant, et aggrave les inégalités.

🔴 Nous rouvrirons des centres de consultation de Protection Maternelle Infantile (PMI) sur tous le territoire avec pour objectif que personne ne vive à plus de 30 minutes d’une permanence PMI.

🔴 Nous soutiendrons l’installation de centres de planning familial partout sur le territoire

🔴 Nous engagerons un vaste plan de recrutement d’agents territoriaux dans les lycées.

🔴 Dans les lycées comme dans les services de la Région nous mettrons en place des équipes de titulaires remplaçants, et nous engagerons un processus de réduction du temps de travail.

🔴  Nous accorderons le droit au télétravail sur tous les postes compatibles, ainsi que le droit de revenir en présentiel.

Les appels d’offre que lancent la Région doivent tous être assortis d’impératifs sociaux et écologiques : pas de contrat avec une entreprise qui embauche des travailleurs détachés à des conditions moins disantes que le droit du travail national, ou qui a été épinglée pour ses manquements environnementaux.