Culture-Sport

Élections régionales20 et 27 juin 2021

Les pratiques artistiques et culturelles sont trop souvent considérées à la marge de l’action publique. Il n’est qu’à voir comment les arts, la culture et le sport ont été relégués au rang de « non essentiels » ces derniers mois, quand ils devraient être au cœur d’un projet de société émancipateur.

Les artistes, les entraîneurs sportifs, les petites structures culturelles ou sportives ont été les premiers arrêtés et sont (presque) les derniers à reprendre. L’ « année blanche » mise en place par le ministère de la Culture pour celles et ceux éligibles au régime d’intermittence est insuffisante, laissant de côté celles et ceux qui vivent des arts, de la culture et du sport hors de ce régime, celles et ceux qui n’ont pas d’employeur régulier ou qui travaillent de façon autonome.

Un très grand nombre d’associations se sont dissoutes ou ont été mises en sommeil, ont licencié leur personnel, et ne redémarreront pas. Leur situation est grave car la réforme de l’assurance chômage va casser le peu de protection sociale de la plupart d’entre eux. Associés aux luttes, nous soutenons le mouvement d’occupation des théâtres et lieux culturels qui exige le retrait de ce projet.

La Région Nouvelle Aquitaine ne peut pas ignorer cette situation. Elle doit agir et être à l’initiative d’un plan de relance sur tout le territoire pour remettre à flot ce tissu unique et vital pour notre région.

Elle doit continuer à soutenir les structures existantes, mais aussi les projets coopératifs et la diversification des expressions culturelles, institutionnelles et non institutionnelles.

Elle doit réfléchir – notamment dans le cadre de son plan de relance à la culture – à des nouveaux modes d’accompagnement : en fléchant certaines des aides directement vers l’emploi des salariés.

Elle doit soutenir les démarches et les projets d’accompagnement des pratiques culturelles, sportives et d’éducation populaire, encourager les coopérations entre acteurs et favoriser les échanges ou la mutualisation de projets entre territoires et/ou avec d’autres régions d’Europe et du monde.

Du côté du sport, la starification du sport professionnel, montré comme un modèle de réussite économique et de prestige social, éclipse une pratique amatrice et fédératrice, pourtant majoritaire, qui devrait être au cœur des orientations pour une pratique sportive populaire, accessible à tout·es et inclusive. Le modèle économique qui l’accompagne délaisse les petits clubs et les pratiques amateurs pour se tourner vers les grosses entreprises lucratives.

I/ La culture, un droit pour tous

La culture est un véritable enjeu de société au même titre que la santé, l’éducation, le commerce : pas de société sans culture.

Elle est traversée par les mêmes dangers de marchandisation que la santé ou l’éducation. Les élus politiques locaux préfèrent soutenir des projets prestigieux, « visibles » voire gigantesques (la MECA à Bordeaux, le projet Melofolia en Haute-Vienne) plutôt qu’effectuer un travail de fond sur l’ensemble du territoire.

Le cas du projet Imagiland à Angoulême est exemplaire. Un parc d’attraction dédié à l’univers de la BD, imaginé par Vinci. Mais la zone des travaux est sur une zone humide qui abrite des habitats et des espèces protégées. Le parking serait lui construit sur des terres agricoles. Les promesses d’emplois stables apparaissent mensongères pour un secteur qui emploie majoritairement des travailleurs précaires payés au SMIC. L’objectif affiché par les promoteurs du projet de 440 000 visiteurs annuels est irréaliste. Enfin sur le plan culturel, les licences BD exploitées datent des années 60-70 et ne mettent à l’honneur que des héros masculins, en décalage avec le public du Festival d’Angoulême. Ce magnifique projet de « défense de la BD » s’avère être une gabegie financière pour un greenwashing assumé.

Les lois relatives à la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) du 7 août 2015 et à la Liberté de Création, à l’Architecture et au Patrimoine (LCAP) du 7 juillet 2016 ont formellement inscrit la référence aux droits culturels des personnes dans la mise en œuvre de la responsabilité partagée entre l’État et les collectivités territoriales en matière de politique culturelle.

C’est pourquoi nous voulons permettre à tout·e habitant·e de Nouvelle-Aquitaine, de participer à la création et à l’animation culturelles du territoire où il·elle vit, de s’informer et d’informer, de s’émanciper, de contribuer à l’enrichissement des autres et de soi et au partage des représentations du monde et de la société.

Ainsi, l’action culturelle concerne tout autant la petite association rurale qui maintient un petit écomusée dans sa commune, que l’entreprise GAROROCK au budget à 8 chiffres.

🔴 Lors de l’attribution de subventions, la Région devra s’appuyer sur le travail de l’Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine afin de veiller à répartir ses aides équitablement sur l’ensemble de la région et s’assurer, notamment pour les manifestations culturelles que :

– les différents intervenant.es sont clairement identifié.es afin d’éviter tout travail dissimulé ;

– ils·elles adoptent une démarche environnementale responsable (zéro déchet, empreinte carbone, limitation des produits non eco-responsables…) ;

– les responsables du projet sont engagé·e·s pour la défense des cultures populaires et sont en mesure, par exemple, de proposer des interventions en milieu scolaire, hospitalier, pénitentiaire… en lien avec le projet.

🔴 La politique culturelle de la Région ne doit pas se limiter à répartir des subventions mais aussi à soutenir des filières, en renforçant les moyens des agences sectorielles (RAMA ,…) pour engager des actions spécifiques dans le milieu artistique (sexisme).

🔴 Elle devra être complétée d’un soutien technique et matériel aux acteurs culturels dans le cadre d’une Agence proposant du matériel technique aux associations ou aux groupes (musicaux, de théâtre, …) situés dans des territoires éloignés des grosses villes.

🔴 Un listing professionnel sera réalisé sur une plateforme régionale afin que chaque acteur du territoire puisse contacter des artistes et des travailleur·euse·s de la culture y résidant.

Tout en soutenant les initiatives qui existent déjà, la Région doit porter des actions culturelles capables de re-créer du commun (tremplins musicaux locaux, festivals et présentation de spectacles dans toutes les zones, y compris les plus éloignées des villes, comme le propose La Maison Broche à Lusseray (79), expositions en plein air…).

L’éducation aux métiers de la culture doit permettre aux jeunes de s’investir dans leur parcours scolaire et d’envisager une vraie carrière d’artiste. Des actions de sensibilisations aux métiers de la culture, des rencontres avec des professionnels, des journée portes ouvertes dans les écoles, des spectacles à programmer.

La culture n’est pas une variable d’ajustement des budgets régionaux, il est nécessaire de mettre de la pérennité dans les financements culturels et de lutter contre l’ubérisation de l’emploi culturel par le recours intensif aux stages ou aux services civiques.

🔴 La Région doit aider, accompagner et soutenir :

– Les MJC (maisons des jeunes et de la culture) qui sont des structures offrant des actions de formation sur des sujets culturels.

– Les autres structures publiques existantes en capacité de créer des emplois et d’embaucher massivement des intervenants.

– Les structures associatives qui forment les amateurs de demain et jouent un rôle de plus en plus important en terme de diffusion culturelle au travers des productions de leurs élèves Ces initiatives doivent être intégrées au PRF.

Le monde associatif offre plus de souplesse de fonctionnement, d’écoute et d’adaptabilité aux besoins de la société. Il forme un ciment sociétal vital et doit être massivement soutenu.

Avec l’ensemble de ces acteurs, nous mettrons en place, au niveau régional, des espaces permanents de dialogue et de co-construction des politiques culturelles.

🔴 Créer, s’exprimer, partager, tout cela passe par le respect de la singularité de chaque culture, à travers la transmission de son patrimoine immatériel (langue, musique, chants, contes, savoirs et savoir-faire, gastronomie,…).
La défense du patrimoine culturel immatériel permet de résister à l’uniformisation due à la mondialisation croissante, permet le dialogue interculturel et encourage le respect d’autres modes de vie. C’est une condition sine qua non pour la coexistence de la diversité culturelle et du “vivre ensemble”.
Nous défendons toutes les cultures et lutterons particulièrement pour la préservation de celles qui sont minoritaires.
Nous soutiendrons la valorisation des cultures populaires et régionales.
Le patrimoine matériel de la région (architecture, paysages, sites archéologiques, patrimoine vernaculaire,…) contribue à l’histoire et à la reconnaissance des territoires. Nous financerons sa restauration et sa valorisation.

II/ Le sport inclusif

Le sport est un thème plus politique qu’il n’y parait ! Nous devons cesser de nous reposer sur le mécénat de quelques milliardaires, et sur des partenariats public privé qui vont jusqu’à acheter le nom de nos complexes sportifs. Le “Naming” ne peut plus être accepté. Le sport doit être le bien de tous, et nous ne saurions tolérer que le privé en tire des profits, à coups de projets aussi délirants qu’anti-écologiques (surfparks) pendant que les contribuables assumeraient les pertes.

Le sport est reconnu d’utilité publique mais des pans entiers de la population n’accèdent pas ou peu aux activités sportives. Ainsi, en 2017 plus d’un français sur trois (34%) ne pratiquait pas ou peu sur l’année.

  • 30% des non pratiquants disent ne pas aimer le sport.
  • 25% des non pratiquants le sont pour des raisons de santé. Essentiellement chez les plus de 40 ans.
  • 11% des non pratiquants, et 28% des pratiquants déclarent que les raisons principales d’empêchement sont les contraintes familiales ou professionnelles.  
  • Les femmes sont  sous représentées dans la part des licences sportives délivrées.

Nous pouvons agir sur plusieurs facteurs de cette désaffection :

  • 🔴 Faciliter la découverte dès le plus jeune âge de différentes pratiques permet de faire découvrir à chacun le sport qui lui plaira.
  • 🔴 Rendre accessibles les nouvelles structures aux sports adaptés, et au handisport et rénover les anciennes structures dans ce sens.
  • 🔴 Soutenir des pratiques sportives moins intenses, permettant au personnes plus âgées de garder une activité même légère.
  • 🔴 Encourager les pratiques sportives pouvant être pratiquées en famille.
  • 🔴 Certaines aides accordées aux  entreprises pourraient également être conditionnées au financement PAR L’ENTREPRISE d’une licence sportive au choix de l’employé.
  • 🔴 Nous devons rendre au sport sa dimension sociale et populaire, facilitant les rencontres entre les citoyens par des manifestations sportives ouvertes, accessibles à toutes et à tous.
  • 🔴 Nous devons initier un échange démocratique avec les citoyens sur la création de plages horaires moins fréquentées dans les structures sportives, et de créneaux non mixtes pour permettre à tous et toutes de pratiquer librement et sereinement une activité.

La Région doit s’impliquer davantage dans les diagnostiques locaux, qui mettent en lumière des besoins URGENTS et spécifiques sur certains bassins de vie. Les communautés de communes peinent à se mettre d’accord sur  les investissements nécessaires. Un arbitrage régional permettrait de s’assurer que seul l’intérêt général des citoyens compte, plutôt que l’agenda électoral d’un élu local. 

Le E-SPORT, une pratique culturelle et sportive

7,8 millions de Français suivent ou pratiquent le ESPORT, et près de la moitié des compétitions ont lieu en physique. La région Nouvelle Aquitaine est absente sur ce secteur, alors que nous comptons de nombreuses entreprises du secteur vidéo-ludique.

Considéré par certain comme une pratique plus culturelle que sportive (souvent par les joueurs eux même), L’E-SPORT est loin d’être incompatible avec les autres pratiques sportives “classiques”, et peut même devenir un excellent point d’appui pour que la région renoue un véritable contact avec les plus jeunes.

🔴 Cette pratique étant très populaire, il est également important d’aider les structures existantes à mettre en place les outils pédagogiques nécessaires à de bonnes pratiques, à la vigilance sur les risques d’addiction et à l’encouragement de pratiques physiques complémentaires à cette activité. En outre, le bilan écologique de cette activité n’étant pas neutre et il importera aussi d’alerter les pratiquants du coût énergétique de celle-ci.

Le sport est aussi un enjeu écologique

🔴 Chaque rénovation et chaque nouveau complexe devra s’inscrire dans une démarche réfléchie autour des enjeux écologiques :

  • Utilisation du chlore et autres produits toxique dans nos piscines.
  • Prise en compte de l’évolution démographique de chaque bassin de vie pour éviter de nouvelles constructions impactant l’environnement.

🔴 Il faut sauver les petits clubs

Le nombre de petits clubs qui sont en extrême difficulté financière après un 15 mois de pandémie, privés des ressources des licences sportives est énorme. Nous devons intervenir de façon massive et prioritaire pour sauver le sport pour tous porté par ces clubs et leur permettre de se remettre à flot.

Le « Grenelle de l’Education et de l’Inclusion par le Sport »prévoit un certain nombre de mesures à mettre en œuvre dès 2021. Certaines ont des conséquences comme la formation de « 5000 coachs d’insertion par le sport », la création d’un métier (donc d’une formation) de « Conseiller technique de la performance sociale du sport », ou « l’accompagnement de 50 000 jeunes par an vers une insertion professionnelle » qui concerne les compétences de la Région. Elle doit mettre en place au plus vite les formations ad hoc en s’appuyant sur les compétences existantes.