Agriculture/Aménagement du territoire

Élections régionales20 et 27 juin 2021

Première région agricole et agroalimentaire de France (en termes de valeur et d’emploi), la Nouvelle-Aquitaine jouit d’une grande diversité de ses productions agricoles. L’agriculture, la pêche et la sylviculture sont des richesses fondamentales de notre région. Nous disposons d’un climat tempéré par l’océan, de 720 km de côtes, de nombreuses forêts et d’une grande variété de terroirs. Ce sont des atouts fantastiques, et pourtant, de nombreux défis sont encore devant nous… Il y a urgence ! Il faut nourrir sainement tout le monde sans impacter l’avenir de nos enfants, permettre aux paysans de la terre, de la mer et de la forêt de vivre de leur travail, faire face au dérèglement climatique, diminuer notre empreinte carbone. Enfin, il nous faut reconquérir la qualité et préserver notre ressource en eau. L’aménagement du territoire doit préserver les espaces naturels et la biodiversité, limiter l’extension urbaine. Nous nous engageons à faire converger les outils d’interventions régionaux (SDREA, PCR…) et ceux des collectivités (PCAET…) pour mieux planifier le développement des filières territoriales et notre souveraineté alimentaire.

1. Bien manger

Pour nourrir sainement ses habitants, il y a nécessité à ce que la région soutienne une agriculture écologique, paysanne et de proximité, qui renonce aux intrants et pesticides de synthèse et soit économe en eau. C’est ce modèle agricole, tourné vers l’intérêt général, que nous développerons car il est créateur d’emplois, il préserve nos ressources (eau, air, sols), la santé humaine et l’environnement. Nous nous donnons comme objectif d’assurer des repas 100% bio dans les cantines des lycées, d’augmenter les aides au maintien de l’agriculture bio et de s’engager clairement vers l’abandon des pesticides de synthèse que le plan Neoterra actuel ne permettra jamais d’atteindre. En effet, la fin des produits cancérigènes mutagènes reprotoxiques (CMR) en 2025 et la sortie des pesticides de synthèse en 2030 ne seront possibles que si on privilégie l’agriculture bio et pas « 80 % des exploitations en AB ou en HVE d’ici 2030 » sans rien dire de la répartition entre ces deux formes d’agriculture. La HVE n’impose pas une diminution de l’usage des pesticides. De plus les CMR ne sont pas les seuls dangers. De nombreuses substances sont des perturbateurs endocriniens qui réussissent, même à faible dose, à modifier le développement hormonal des jeunes enfants. L’agence ATMO-NA a montré qu’ils sont présents dans l’air de nombreux territoires (vignobles du Cognaçais ou du Médoc, pommeraies près de St Yriex la Perche). Nous voulons en outre une agriculture qui rémunère correctement ses paysans car la loi Egalim n’a pas tenu ses promesses pour leur garantir un revenu. La commande publique locale des restaurants collectifs et scolaires doit assurer une rémunération décente à ceux qui l’assurent : elle représente 156 millions de repas par an dont 134 millions pour les établissements publics. Avec un prix moyen de 2€ par repas, cela représente un levier énorme pour transformer l’agriculture locale et une somme de près de 300 M€ !

🔴 Objectif : assurer des repas 100% bio dans les cantines des lycées, avec un menu végétarien optionnel.

Rediriger les aides à l’agriculture :

🔴 Nous financerons l’agroécologie et la polyculture-élevage en lieu et place d’une agriculture intensive, utilisatrice de pesticides et pratiquant des monocultures nuisibles à la biodiversité.

🔴 Les aides au maintien de la bio seront augmentées. Les subventions aux organismes agricoles comme la Chambre régionale d’agriculture seront conditionnées à un soutien logistique massif à la transition écologique auprès des agriculteurs : conseillers techniques, formations aux pratiques telles que l’agriculture bio, l’agroforesterie,… De même, nous soutiendrons l’animation de groupes d’expérimentation associant agriculteurs, organismes de développement et recherche, en s’appuyant notamment sur les structures existantes (CIVAM, FRAB, Chambres d’agriculture, ARDEAR etc.). Nous soutiendrons la recherche publique (CNRS) au service d’une transformation écologique de l’agriculture.

🔴 Nous réformerons le plan Néo Terra en sortant de la duperie de la Haute Valeur Environnementale (HVE) qui autorise l’usage de pesticides et des substances (CMR), nocifs pour la santé et la biodiversité.

🔴 Nous favoriserons l’accès au foncier agricole pour installer des fermes à taille humaine qui produisent pour le territoire, avec priorisation vers l’agriculture biologique. Nous développerons les espaces-tests qui permettent aux agriculteurs, non issus du milieu agricole, de se lancer sans risque. Concernant l’installation nous élaborerons un outil foncier régional pour les acquisitions de terres par des structures comme Terres de Liens. Nous lutterons contre la concentration des terres entre les mains de grands groupes, contre les projets de production animale industrielle (comme le projet de ferme-usine de 1200 taurillons en Vienne…) et toute forme de maltraitance des animaux d’élevage.

🔴 Nous rémunèrerons les paysans pour services écologiques afin d’encourager des pratiques vertueuses (comme la plantation de haies, l’entretien des canaux, la non-utilisation d’intrants chimiques…) nous flècherons les soutiens européens (fonds FAEDER) vers les pratiques les plus exigeantes au niveau environnemental.

Utiliser la commande publique pour accompagner la transition agricole en Nouvelle-Aquitaine :

🔴 Nous lancerons un plan de défense de l’agriculture régionale visant le 100 % bio local de toutes les restaurations collectives (lycées, CFA, administrations,…), avec un repas végétarien optionnel proposé tous les jours. Nous proposerons également un accompagnement complet des cuisiniers et gestionnaires de restaurants collectifs à la lutte contre le gaspillage alimentaire, la rédaction de marchés publics permettant de cibler les filières bio locales, la construction des menus et les techniques de cuisine.

🔴 Nous soutiendrons les circuits courts, la vente directe, et la transformation sur place (ex : abattoirs mobiles) par une activité agroalimentaire qui privilégie une agriculture sans pesticides de synthèse et sans OGM ou NBT.

🔴 Nous développerons une plateforme collaborative régionale pour faciliter le lien entre des groupements d’agriculteurs, les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) et les acteurs de la restauration collective et de la société civile afin d’amplifier la distribution de produits locaux et bio.

Être moteur et facilitateur au sein des structures agricoles et alimentaires :

🔴 Nous lancerons des campagnes d’informations dans les établissements scolaires et de formation sur les dangers sanitaires des aliments ultra-transformés.

🔴 Nous défendrons la présence des représentants des différents syndicats agricoles, des collectivités territoriales et d’associations citoyennes dans la nouvelle instance nationale de gouvernance des Safer.

🔴 Nous développerons les coopératives d’insertion pour les métiers agricoles et paysagers.

🔴 Nous œuvrerons pour promouvoir et consolider un véritable service de remplacement en agriculture qui améliore l’attractivité du métier. –> Enfin nous soutiendrons la création d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation (cf fiche) garantissant à la population l’accès à une nourriture qualitative et quantitative et aux agriculteurs un revenu décent.

2. Une agriculture qui s’adapte au changement climatique

Pour freiner les changements en cours, il faut une agriculture écologique et paysanne qui favorise le stockage du carbone en veillant au maintien des prairies et en gérant de façon durable les sols, les haies et les forêts. La Région produit 10 % des émissions de gaz à effet de serre nationales ce qui nous place au dessus de la moyenne nationale en émission par habitant. L’agriculture est la deuxième source (28%) après les transports.

Les pratiques agricoles telles que l’agroforesterie et le sol vivant favorisent aussi le cycle secondaire de l’eau ainsi que le choix des variétés cultivées. C’est pourquoi, nous protègerons et développerons les semences paysannes qui permettent de tourner le dos au modèle de l’agrochimie industrielle définitivement obsolète et nous lutterons contre le brevetage du vivant et les OGM. Nous soutiendrons, par exemple, l’abandon des variétés F1 de maïs au profit des variétés “population” moins gourmandes en eau.

La pression sur la ressource en eau, due aux activités humaines et notamment agricoles en Nouvelle-Aquitaine s’est aggravée depuis 20 ans. Sur le nord-ouest de la région, ce sont 300 captages d’eau potable qui ont dû être fermés pendant cette période. Les pollutions diffuses les plus fréquentes sont celles dues aux nitrates et aux produits phytos. Il est inadmissible que lorsque les seuils en termes de substances indésirables sont dépassés, les préfets se contentent d’autoriser, par dérogation, des eaux non conformes. Il faut investir massivement dans la protection des captages.

Nous refuserons de subventionner les réserves de substitution, remplies en pompant principalement dans les nappes souterraines, et qui servent à irriguer des cultures intensives en été (2/3 de maïs, semences, légumes industriels…). De même, nous nous opposerons aux mega-méthaniseurs (cf fiche) qui incitent à des cultures dédiées, diminuant de fait les surfaces agricoles vouées à l’alimentation humaine, renchérissant le foncier agricole et dont les épandages de digestat menacent les eaux de surface.

🔴 Nous financerons la plantation massive d’arbres (notamment dans les zones de captage en eau potable) et de milliers de kilomètres de haies car les arbres ont un rôle majeur dans la protection de la ressource en eau et la conservation des sols.

🔴 Nous flècherons les financements des agences de l’eau vers des actions exigeantes vis-à-vis de l’environnement comme l’élargissement des périmètres de protection des captages et la conversion au bio des exploitations qui s’y trouvent.

🔴 Nous améliorerons les moyens de contrôle sur les volumes de pompage d’eau et rendrons ces contrôles transparents.

🔴 Nous mettrons en œuvre les moyens nécessaires pour ralentir drastiquement la vitesse de l’eau et maitriser le ruissellement des eaux de pluie en limitant l’artificialisation des sols, afin d’améliorer l’infiltration de ces eaux dans les nappes souterraines.

🔴 Nous inciterons les villes à perméabiliser les sols, à reconquérir de larges surfaces de zones humides et protéger sans concession celles existantes, les tourbières,… afin de restaurer le cycle de l’eau.

🔴 Nous développerons les trames vertes et bleues qui contribuent à la préservation des écosystèmes et de leurs fonctionnalités et assurent le respect de la biodiversité.

🔴 Nous refuserons tout financement public vers des projets ayant un impact sur la ressource (réserves de substitution remplies par l’eau des nappes phréatiques, émissions polluantes, exploration de gaz ou d’huile de schiste,…) et lutterons contre leur autorisation.

🔴 Nous soutiendrons des projets de territoire de gestion économe de l’eau, associant l’ensemble des acteurs locaux et des citoyens (collectivités, associations, producteurs locaux,…), pour limiter le stockage d’eau à destination de l’irrigation (cf fiche bassines), que ce soit pour les réserves collinaires ou les réserves artificielles d’eau à  remplissage hivernal (en proscrivant l’irrigation par prélèvements dans les nappes superficielles et profondes). Ils devront viser à améliorer la qualité des eaux, respecter l’environnement et alimenter en priorité la population.

🔴 Nous soutiendrons les projets de petits méthaniseurs à l’échelle de quelques fermes et sans cultures dédiées. Nous demanderons un contrôle des plans d’épandage. De même nous soutiendrons les projets d’installations photovoltaïques sur des surfaces déjà artificialisées ou polluées. Nous nous opposerons à l’utilisation de terres agricoles à des fins de production uniquement énergétique et de façon plus générale à l’artificialisation de toute surface agricole ou forestière.

🔴 Nous développerons prioritairement le système de phytoépuration (ensemble des techniques qui utilisent les bienfaits des plantes aquatiques comme agents de dépollution et d’assainissement) comme possibilité environnementale et économique de traitement des eaux usées. Nous sensibiliserons davantage les collectivités dans ce sens.

🔴 Nous favoriserons la réappropriation de la ressource en eau (approvisionnement et assainissement) par les acteurs publics et les citoyens par le biais de régie publique de l’Eau. Nous soutiendrons les collectivités qui décideraient  un passage en régie publique de l’eau (régie à personnalité morale et autonomie financière).

3. La forêt, une filière d’avenir

La Nouvelle-Aquitaine est la première région boisée de France. L’exploitation des forêts de notre région doit être exemplaire, compatible avec la préservation de la biodiversité et à la hauteur des changements climatiques que nous vivons. Il faut donc proscrire la pratique des coupes rases, l’utilisation de pesticides, la disparition des forêts de feuillus au profit des résineux, la monoculture ultra-intensive entrainant des maladies parasitaires. De nombreux signaux alertent sur le fait que le « modèle landais » n’est pas soutenable. En effet, force est de constater qu’il y a une dégradation de la qualité des sols et des eaux du fait de l’emploi de produits chimiques (phytosanitaires et intrants), d’outils de débroussaillage et de charrues forestières pour le nettoyage des sous-bois, ainsi qu’une dégradation des paysages (et de ce fait de l’attractivité touristique).

Les épandages contre la chenille processionnaire du Pin et contre les scolytes persistent, alors même que ces « traitements » portent directement atteinte à la biodiversité. Les restrictions d’aides régionales sont tout à fait insuffisantes pour être dissuasives.

Les services rendus par les écosystèmes forestiers (qualité de l’eau, de l’air, atténuation du réchauffement climatique, qualités paysagères, maintien de la biodiversité) ne peuvent pas être mis en balance des seuls intérêts économiques de quelques gros exploitants.

Par ailleurs une plus grande diversité d’essences rendrait le massif forestier plus résilient. Nous privilégierons donc le développement de la filière bois vers une exploitation forestière diversifiée, respectueuse du rythme des forêts et de la biodiversité, répondant aux besoins (chauffage, ameublement, construction, etc.)

🔴 Nous nous opposerons aux coupes-rases industrielles y compris pour l’installation de champs photovoltaïques et interdirons l’usage des pesticides dans toutes les forêts. Nous œuvrerons pour une diversification des essences d’arbres qui permet de préserver la biodiversité, d’éviter les maladies, et de lutter contre les incendies.

🔴 Nous soutiendrons les activités vers celles liée au bois-construction (qui stocke du carbone) plutôt que celles liées au bois-énergie, des activités économiques qui sont fortement localisées.

🔴 Nous favoriserons la mise en œuvre de classes vertes et de sorties pédagogiques en forêt. –> Nous défendrons l’ONF comme service public indispensable à une gestion écologique des forêts publiques et à la mise au point de plans d’adaptation de nos forêts au changement climatique.

4. Charte pour le vivant

Nous défendrons l’adoption par les instances régionales d’une charte pour le vivant. Cette charte aura vocation de guider l’ensemble des politiques publiques de la Région à travers le prisme de la protection du vivant – humain et non humain. Elle aura pour but de protéger l’ensemble des écosystèmes régionaux, en reconnaissant leur droit à exister, se régénérer et évoluer, et le devoir pour la Région de les préserver. Elle devra comporter la reconnaissance du lien d’interdépendance entre l’humain et le reste du vivant car notre espèce ne pourra survivre sans maintenir la vie sur terre. Les règles permettant de vivre en harmonie avec la nature devront être reconnues et protégées par la Région par le biais de la charte. En ce sens, la Région devra surveiller que toutes ses politiques publiques ne portent pas atteinte aux équilibres écologiques et éviter toute décision pouvant mener à un « écocide », c’est-à-dire conduisant à une atteinte grave ou à la destruction d’un système ou processus écologique.

🔴 La charte régionale pour le vivant sera élaborée en concertation avec l’ensemble des forces politiques présentes au Conseil régional, ainsi qu’avec les partenaires associatifs, universitaires et professionnels de la région.

🔴 Cette charte aura pour conséquence de proposer des politiques adaptées pour chaque type d’écosystèmes sur des territoires spécifiques : forestiers (forêts des Landes, plateaux et massifs feuillus, peupleraies des plaines alluviales), aquatiques (rivières et gaves, fleuves et bassins, lacs, étangs et marais, tourbières et zones humides, nappes phréatiques…), marins et côtiers (plages de sables, système dunaire, forêt bordière, estuaires, iles…).

🔴 Nous proposerons de nouveaux espaces de représentation (démocratie écologique) avec la création d’un Parlement des écosystèmes de Nouvelle- Aquitaine afin que les écosystèmes jouissent d’une représentativité et que tous les projets pouvant leur occasionner une détérioration quelconque soient débattus en leur présence.

🔴 Nous nous opposons à une gestion mercantile de la faune sauvage comme le font les organismes de chasse (bracelets, chasse-vacances…).

🔴 Nous défendrons une élévation du niveau d’exigence de la séquence ERC (Eviter, Réduire, Compenser) qui accompagne aujourd’hui les projets d’aménagement. Le principe de compensation suppose qu’une perte est acceptable localement si elle s’accompagne d’un gain ailleurs. L’expérience montre que la biodiversité est la grande perdante actuelle de ces trocs.

5. Aménagement du territoire

Les militants qui se retrouvent sur la liste « On est là » se sont opposés à la métropolisation et à la désorganisation du territoire qu’elle a entraînée en drainant tous les investissements vers les grandes villes et en désertifiant les campagnes. C’est l’exact inverse qu’il faut faire : irriguer les campagnes de services publics de proximité, de moyens de transports collectifs. Nous refusons la logique de la concurrence des territoires et nous voulons construire une Région faite de territoires solidaires. Nous voulons défendre les services publics et la logique de la péréquation qui permet une égalité d’accès de tous, quel que soit son lieu d’habitation, quel que soit son état civil, quels que soient ses revenus.

Nous nous opposons aux grands projets inutiles et aux entrepôts du e-commerce qui favorisent le « déménagement du monde », tuent le commerce local, ne payent pas d’impôts et méprisent le droit du travail.

🔴 Déchets : Nous étudierons la création d’un service public de traitement et de recyclage des déchets qui permette aux collectivités locales d’échapper à la mise en concurrence des prestataires privés et qui leur propose une filière de recyclage publique de qualité. La priorité doit être donnée à la prévention et à la réduction des déchets à la source, notamment avec la lutte contre le gaspillage alimentaire, le réemploi, la réparation et la réutilisation, l’exemplarité dans les administrations et les entreprises, la limitation de l’utilisation de matériaux dangereux… Nous agirons aussi en amont pour abolir toute utilisation du plastique dans les cantines et restaurations collectives.

🔴 Réseaux : Nous refusons le déploiement de la 5G car elle est un gâchis énergétique (elle consommera d’ici 5 ans l’équivalent d’1,5 réacteur nucléaire, chiffre du HCE). Par ailleurs la fibre optique que plusieurs départements de la Région ont commencé à déployer doit parvenir à chaque habitant. Elle permet de lutter contre la fracture numérique sans polluer notre environnement hertzien.

🔴 Tourisme : Nous refuserons toute subvention aux méga-projets de parcs d’attractions touristiques (comme les Surf Parks de Wavelandes Atlantique dans les Landes et Wavegarden à  Saint-Jean-de-Luz, Imagiland à Angoulême,…). La Région a de nombreux atouts et nous refusons de la transformer en parc d’attraction. Nous privilégierons un tourisme durable, de qualité et de proximité. Nous favoriserons le tourisme d’itinérance douce et le développement d’une meilleure répartition des flux touristiques, notamment ceux du littoral et des destinations urbaines vers les territoires ruraux.

🔴 Espaces protégés : Favoriser la création d’espaces naturels régionaux protégés et faire en sorte que les réglementations propres à ces espaces soient respectés dans les faits.

6. Qualité de l’air

Les différentes enquêtes sur la qualité de l’air de l’agence ATMO-NA montrent une concentration anormale de pesticides dans l’air de la région. Le plan Ecophyto II initie en octobre 2015 et augmente en juin 2018 du plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques (Ecophyto II+) maintient l’objectif d’une réduction de l’usage des pesticides en agriculture de 25 % en 2020 et de 50 % en 2025. Or en Nouvelle-Aquitaine, on assiste au contraire à une augmentation de +24 % des quantités de substances actives en 2018.

Le suivi de la qualité de l’air montre aussi que les principales sources de particules fines sont les feux à ciel ouvert (écobuage, brûlages de déchets verts, chauffage au bois…). Une police de l’air plus efficace doit être mise sur pied lorsque les maires ne parviennent pas à faire appliquer les règles communes.

🔴 Nous interviendrons pour interdire les gros paquebots touristiques polluants

🔴 Nous agirons pour l’arrêt total des pesticides de synthèse et des engrais azotés

7. Littoral et milieux aquatiques

Avec 720 km de côtes, la Région doit se préoccuper de son littoral menacé sur de nombreux plans. La pêche maritime doit être durable. La montée du niveau de l’eau et les épisodes de tempêtes érodent nos traits de cote. Les mesures à prendre nécessitent un débat démocratique sur les choix et les investissements en réponse à ces événements. Les conflits d’usage lors des dragages de ports, des déroctages vont se multiplier. Le choix entre des dépenses astronomiques pour protéger des villas de bord de mer ou bien l’investissement massif dans des mesures de réduction de notre empreinte carbone se pose.

L’océan, véritable poumon de la planète, constitue une biomasse bien plus importante que celle des forêts. C’est lui le premier producteur d’O2 et recycleur de CO2, grâce au phytoplancton. La pollution de l’océan est de plus en plus importante et l’état des cours d’eau qui s’y déversent pèse directement sur son évolution. Elle a des conséquences sur les activités d’aquaculture, conchyliculture ou ostréiculture. Elle a aussi des conséquences sur la pêche lorsque les filets sont englués dans le liga (un mucilage qui prolifère à cause des excès d’azote) comme au Pays basque, ou lorsque les aloses sont contaminées aux PCB comme en Gironde. C’est pourquoi, la surveillance des nouveaux polluants qui s’y déversent, l’analyse des pesticides et des intrants de l’agriculture qu’on y retrouve doivent être des priorités. Là encore une gouvernance plus démocratique de cette surveillance doit être mise en place associant tous les acteurs, y compris les 200 000 pêcheurs amateurs de la région qui ont une grande expertise.

🔴 Pour préserver ces milieux, il faut de nouveaux soutiens financiers aux Agences de l’eau (Adour-Garonne et Loire-Bretagne), améliorer de toute urgence les stations d’épuration du littoral et le réseau d’assainissement.

🔴 Favoriser une meilleure représentation des professionnels de la pêche et de la conchyliculture dans les instances en charge de la gestion de l’eau ainsi que dans l’utilisation des installations portuaires (concurrence avec la navigation de plaisance).

🔴 Réorganiser la coopération entre les ports de La Rochelle et de Bordeaux plutôt que la compétition au niveau régional.

🔴 Remettre à plat le projet Port Horizon 2025 partiellement financé par le Contrat de plan Etat-Région (CPER) qui induit des agrandissements et des opérations de déroctage ou dévasage libérant des particules nocives pour la biodiversité fragile des pertuis. Plutôt que des projets démesurés promouvant l’adaptation à une mondialisation destructrice par l’exportation de céréales et l’importation d’hydrocarbures et de pâte à papier, nous privilégierons la bifurcation des ports de Nouvelle-Aquitaine vers des activités écologiquement soutenables permettant l’intégration et la valorisation des circuits économiques locaux.

🔴 Mener des actions dans le cadre de ce CPER autour d’une véritable politique sur la qualité des eaux, en intégrant aussi bien les questions de biodiversité et de milieux aquatiques (zones humides, poissons migrateurs…), de qualité de l’eau (pollutions agricoles, micropolluants d’origines urbaines…) que d’usages économiques (irrigation, énergie, industrie…), touristique (littoral, loisir, pêche…) ou de production d’eau potable.

🔴 Conserver les zones humides naturelles sur les parties basses des estuaires en favorisant les prairies naturelles et mettre en œuvre un programme d’aménagement des marais doux pour augmenter ses capacités de stockage et d’épuration et ainsi rétablir sa fonction de zone tampon entre les bassins versants et le milieu marin. La préservation des zones naturelles littorales doit être assurée en tenant compte de la montée du niveau marin.

🔴 Renforcer les contrôles (qualitatifs et quantitatifs) des eaux douces rejetées de tous les exutoires d’eau douce et des rejets des stations d’épuration en milieu marin (norovirus, produits pharmaceutiques et phytosanitaires, etc.).

🔴 Rétablir la continuité écologique des rivières.

🔴 En matière de pêche professionnelle, donner priorité dans l’usage des fonds européens à l’installation des artisans pêcheurs et aux méthodes de pêche préservant les habitats, à l’aide d’engins de pêche plus sélectifs ainsi qu’à l’amélioration des installations portuaires.

🔴 L’aquaculture doit privilégier les modes de production aquacole biologique ou respectueux de l’environnement.

🔴 Gérer durablement le trait de côte, les milieux littoraux et retro littoraux (marais, forêts) en préservant la continuité nord sud du massif dunaire et les falaises du littoral basque notamment.

🔴 Mettre un terme aux rejets en mer des boues de dragage des ports de plaisance